Speed Flyingle 24 Mai 2008
En plaine, et surtout dans l'Ouest, il est fréquent de passer la journée à attendre que le vent baisse. Certains sortent leur cerf volant, d’autres refont le monde. Et lorsqu’un pilote téméraire tente de décoller malgré les 35 km/h de vent, tous les regards se tournent vers lui. Si le décollage se passe bien, il se retrouve scotché dans le ciel en priant que le vent ne forcisse pas. Et s’il a moins moins de chance, il faut alors l’aider à retirer sa voile venue coiffer cet arbre, juste en arrière du décollage...
Franchement, vouloir voler en parapente par 35 km/h de vent ne vaut vraiment pas la peine : c’est dangereux et de toute façon, on n’en retirera aucun plaisir. A moins que…
Franchement, vouloir voler en parapente par 35 km/h de vent ne vaut vraiment pas la peine : c’est dangereux et de toute façon, on n’en retirera aucun plaisir. A moins que…
J’ai toujours pensé qu'un jour, à l'image de la planche à voile où les pratiquants possèdent deux ou trois tailles différentes de voiles, les pilotes de plaine auraient dans leur coffre une deuxième voile, plus petite, pour le vent fort. En 2001 déjà, nous utilisions à l'école des voiles de traction bidouillées pour travailler la technique du gonflage face voile par vent fort. C’était un plus pour les élèves. Mais inévitablement, la tentation était trop forte pour résister à l'envie de voler avec...
C’est ainsi qu’il m’est arrivé de voler sur la pente école, par 50 km/h de vent, pendant quelques dizaines de secondes à moins de 10 m sol : 8 m2 pour 100 kg, c'était très, très rapide et extrémiste comme pratique ! Pas de virages, mais beaucoup de sensations...

Bientôt ont débarqué les mini voiles de gonflage sur lesquelles il était écrit : "Ne pas voler avec, utilisation au sol uniquement". Le message était clair. Mais après de longues heures de gonflage, le vol devenait irrésistible. Je me souviens encore de mon premier vol à St Omer. Il y avait peu de vent (10 km/h). Après une bonne course d'élan, je me suis jeté dans le vide pour un vol plané de 30 secondes à plus de 60 km/h ! Mes yeux pleuraient sous l’effet de la vitesse. Le sol arrivait à Mac 12. Après avoir posé avec un arrondi un peu trop franc, mes mains tremblaient et mon coeur battait la chamade. Adrénaline ! Mais quel plaisir...

Après avoir affiné mon pilotage sous ce type de voile, j'ai pu voler par des vents de plus de 30 km/h. Rester en l'air, faire des aller-retours, jouer près du sol à 70 km/h, reposer au déco, multiplier les vols, cela devenait génial. Génial… mais ces engins étaient encore trop instables pour envisager de les confier à des élèves.
C’est alors que le speed riding a débarqué. De nouvelles mini voiles sont arrivées sur le marché.
De 10 à 20 m2, il y en avait pour tous les goûts et tous les poids. La plupart de ces voiles ont été développées pour le speed riding, donc avec un cahier des charges spécifique à cette pratique.
Mais certaines ont été conçues dans un esprit plus speed flying, c’est à dire pas seulement pour servir d’aéro-frein à ski, mais pour voler d’une manière différente, notamment en dynamique lorsque le vent est un peu trop fort pour le parapente…
De 10 à 20 m2, il y en avait pour tous les goûts et tous les poids. La plupart de ces voiles ont été développées pour le speed riding, donc avec un cahier des charges spécifique à cette pratique.
Mais certaines ont été conçues dans un esprit plus speed flying, c’est à dire pas seulement pour servir d’aéro-frein à ski, mais pour voler d’une manière différente, notamment en dynamique lorsque le vent est un peu trop fort pour le parapente…
La première voile de ce type fut la fameuse Swoop de Nervures, développée par le très regretté Val Montant. Puis il y a eu la Skim de Bio Air Technologies, et maintenant il y en a de toutes sortes, très différentes les unes des autres en termes de roulis, tangage, vitesse, et accessibilité.
Nervures travaille sur une voile typée purement speed flying.
Nervures travaille sur une voile typée purement speed flying.
Du marginal à l’enseignement
Du coup, depuis 2 ans, nous avons commencé à former quelques pilotes. Et les retours sont très positifs. Jusqu’à 55 km/h de vent à la balise, nous sommes sûrs de pouvoir voler si le vent est bien axé.
Parmi les pilotes que nous avons formés, certains volent calmement avec 30 ou 40 km/h de vent en bord de mer, alors que d'autres commencent à jouer un peu plus près du sol avec reposes au sommet.

Quelle que soit la façon de voler avec ces mini voiles, les sensations sont au rendez-vous.
Il n’est pas nécessaire d’avoir 15 ans de parapente derrière soi, être voltigeur ou compétiteur pour se former au Speed-Flying. Il suffit de bien maîtriser sa voile au sol et d’aborder cette activité avec progressivité.
Pour le choix des voiles en apprentissage, nous utilisons des voiles de 16 m2 pour des pilotes jusqu’à 75 kg, et des voiles école de taille XS au début pour les « poids lourds ».
Nous utilisons des sellettes école avec Airbag car elles sont confortables avec une bonne protection dorsale.
Une fois équipé, les premiers gonflages procurent un plaisir immédiat. On y passerait des heures et des heures à jouer dans le vent. La pente école est nécessaire pour l’acceptation de la vitesse et la gestion de l’arrondi.
Puis les premiers ploufs. Même si le gonflage est très ludique, et d’ailleurs plus facile qu'avec un parapente classique, les premiers décollages requièrent une certaine concentration.

La forte réactivité des mini voiles accentue la possibilité et les conséquences d’erreurs. Pas question, par exemple, de décoller en s'asseyant trop tôt dans la sellette.
Une fois en l'air, tout va plus vite. Les rafales de face vous mettent des coups de pieds bien secs dans les fesses, les dégueulantes vous font perdre rapidement de l'altitude et la mise en virage est instantanée : cela peut descendre très fort avec de l'inclinaison.

Le plus surprenant pour les débutants est la prise de terrain sur les premiers grands vols. Le plan de descente piège tous les pilotes malgré les mises en garde...

L’arrondi est souvent effectué un peu trop franchement au début. L’idéal étant souvent de le faire en deux temps comme les deltistes. Mais cela peut varier selon les voiles.
En résumé
Le speed flying est une nouvelle façon de voler, pleine de sensations et de plaisir. Accessible à qui aime jouer au sol avec une voile, c’est un outil de progression fantastique. Il rendra votre pilotage beaucoup plus précis. Vous découvrirez des sensations de glisse que vous ne soupçonniez pas. Les 10, 20 ou 30 km/h de vent en trop deviendront sources de plaisir.
Mais il va vous falloir rester humble, accepter de redevenir débutant, ne brûler aucune étape, manger du gonflage, et n'oubliez pas les lunettes pour la vitesse!
Tarif :
120 € la journée pouvant être coupée en deux demi-journées.
Formation offerte pour l'achat d'une voile de Speed-Flying

