Récit de volle 05 Septembre 2003
Lundi 1 septembre 2003, je décolle pour rejoindre Jean-pierre et sa TRANGO devant le site de St Marc.Au déco se trouve plusieurs pilotes, voiles étalées au sol, qui attendent « le bon créneau ».
Une pompe nous hisse vers 800 m. Il me laisse partir devant et nous voilà à 800 m en direction de BERJOU.
Je l’attends à chaque pompe jusqu’à Condé sur Noireau ou il décide de transiter en direction de Flers alors que je pars vers le mont Cerisy.
Moins de chance pour lui qui s’arrêtera juste après Flers à la Chapelle Biche.
De pompe en pompe, je m’éloigne de plus en plus et vois le record du site sauter.
Je me pose après 5 h 30 de vol à côté de Vitré pour une distance de 125 kms.
Record personnel, du site...
Heureux, heureux que j’étais.
sitLe lendemain, rebelotte, mais avec une dérive plus est. Je vois le Mont St Michel et dois craber par le sud pour ne pas survoler la mer. Je finis par me poser à 124 kms dans le trou de cul du monde.
Heureux, heureux que j’étais en me disant tout de même que c’était dommage de ne pas avoir pris l’appareil photo pour faire quelques clichés du mont St Michel.
Mais me voilà dans un petit thermique qui me décale énormément jusqu’au carrefour Le Fresnes.
Le lendemain, sur le même site, je raconte aux pilotes présents mes deux vols et regarde un pilote voler avec du vent soutenu.
Il n’est que 11 h 00 du matin et suis bien décidé à ne pas partir en cross aujourd’hui.
Bla bla bla avec les potes, je prends quand même l’appareil photo et change les piles de mes GPS.
Un premier qui est couplé avec mon altimètre variomètre et qui enregistre le vol à un format reconnu par les logiciels utilisés par la fédé.
Un second qui a une carte détaillée intégrée me permettant de savoir précisément où je suis.
Je n’ai pas plus envie que ça de voler car déjà très fatigué des deux jours précédents. Je me mets en l’air tout de même vers 11 h 30 pour faire un p’tit vol avant que ça devienne trop fort.
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Pas haut, je me traîne jusqu’à Condé sur Noireau où je crois bien me poser derrière la piscine tellement je suis bas.
Je cherche après un champ derrière la piscine sur le coteau exposé nord-est.
S’il y a un thermique, il y a toutes les chances pour que ce soit dans ce secteur qu’il se déclenche.
La chance me sourit et une bulle me monte, puis une autre, et je me retrouve assez vite vers le mont Cerisy.
On dirait bien que me voilà reparti. La journée est d’autant plus intéressante que les thermiques sont francs et assez larges, les transitions ne sont pas trop longues sans oublier la dérive qui n’est pas négligeable.
Il me semble me souvenir de bénéficier de 20 km/h de dérive sur le début de mon vol.
De nuages en points bas, je finis par arriver sur Avranches où les plafonds explosent.
Vue extraordinaire sur le Mont St Michel. Je prends le temps de faire quelques clichés sans trop me déconcentrer car la fatigue commence à se faire sentir.
Je me rends bien compte que c’est une journée exceptionnelle et c’est pour cette raison que je m’accroche.
Mon GPS à cartographie tombe en panne de pile. Ce n’est pas grave et ne doit pas m’empêcher de continuer mais je ne sais plus du coup à combien de kms j’en suis et cela me perturbe. (petit mental)
Mais me voici à la verticale de l’endroit où je me suis posé la veille.
J’en déduis très vite qu’en étant à 1500 m d’altitude au km 124 avec plus de 25 km/h de dérive, je suis pratiquement assuré de battre le record de Normandie de 135 kms.
Je suis fatigué mais assure la pompe suivante et me disant que me laisser planer me suffira bien. Mais j’entends Jacques LIREUX en plein délire annoncer qu’il voit le Mont St Michel.
« Zut, je ne suis pas tout seul et ma fierté en prendrait un coup de me faire passer au dessus de la tête et me faire manger le record par un pilote avec une voile école. »
Pas question donc d’abandonner et me voilà re-motivé.
Là, ça va beaucoup plus vite, le sol défile sous mes pieds parfois à plus de 70 km/h.
Mais la fatigue finit par se faire sentir sérieusement et mon analyse, mes choix et même mon pilotage se trouvent diminués. J’en peux plus, et finis par abandonner. Je ne regarde plus devant, je me laisse planer vent de cul et regarde le paysage en me disant que l’atterrissage risque d’être rock'n'roll s’il y a autant de vent en bas.
Je trouve un grand champ à coté d’une ferme où un agriculteur me regarde arriver.
C’est là que je me poserai car s’il m’arrive quelque chose, j’aurai au moins une personne qui pourra prévenir les secours.
En fin de compte, l’atterrissage se passe très bien et le voilà qui arrive très étonné de me voir là.
Le GPS qui avait enregistré le vol n’avait pas de carte donc je lui demande : « où suis-je ? »
Ben, vous êtes à Samsuffit qu’il me répond.
Je n’en crois pas mes oreilles et lui fait répéter.
Je m’étais posé à St SAMSUFFIT à 17 h 00 et la distance parcourue était de 191 kms.
Après, ce n’est que du bonheur. Brigitte et Jacques LEGROS m’appelle sur le portable.
Jean Pierre se mets en route avec mon camion et la récup s’organise sur Dinan, m’étant rendu moi-même en stop jusque là.
Nous avons mangé au restau tous les 4, ayant du mal à réaliser ce que nous venions d’accomplir.
Une seule chose est certaine, c’est que cette journée restera gravée longtemps dans ma, nos mémoires avec tous ces paysages et en particulier cette vue extraordinaire sur le Mont St Michel.
Je ne peux que souhaiter à chaque pilote de connaître cela un jour.
Hervé GABET
Voile : UP Targa
Heure de départ : 11 h 30
Heure d’arrivée : 17 h 00
Lieu : St SAMSUFFIT
Durée du vol : 5 h 30
Distance : 191 kms
Moyenne horaire : 34.8 km/h
Plafond maxi : 1900 m
Vario max : + 4

